Pour ce qui est des machines à sous, Partouche aimerait multiplier par 2,5 son parc actuel et le faire passer de 49 à 120 machines. Ce projet est soumis à l’approbation de la commission supérieure des jeux. Cette dernière dépend du ministère de l’Intérieur. Pour rendre sa décision, elle s’appuiera, notamment, sur le rapport de l’enquête administrative qui va se dérouler 1er au 11 octobre. Pour consulter le dossier relatif au transfert d’exploitation du casino et faire part de ses éventuels remarques au commissaire-enquêteur, se rapprocher de la mairie de Boulogne.
Le chantier du futur casino, place de la République, avance vite. Si vite qu’au rythme actuel des travaux, Jack Ary Hamo, son futur directeur, espère une ouverture « un peu avant ce qui était prévu », sachant qu’était envisagé un déménagement fin mars 2008.
Le transfert s’opérera sans temps mort en terme d’activité. « On fermera rue Félix-Adam vers minuit, on déménagera les machines dans la nuit et on les remontera dans le nouveau casino qui ouvrira vers midi », planifie Jack Ary Hamo, directeur.
Le bâtiment actuel, rue Félix-Adam, propriété du groupe Partouche va sans doute être vendu. À qui ? « Je ne sais pas, répond le directeur. Des agents immobiliers sont venus nous voir, des personnes ont montré un intérêt avec le projet d’y aménager un spa mais, à ce jour, aucune décision n’a été arrêtée. » En ce qui concerne le futur établissement de 2 600 m² de surface au sol, entièrement de plain pied, il a l’allure, comme on le voit déjà, d’une proue de bateau. Sur la façade en verre, sera fixée une enseigne « Casino », histoire qu’on identifie bien la nature de l’activité qui se déroule à l’intérieur du bâtiment moderne situé près du terminal Transmanche par où transitent nombre d’Anglais.
Au sous-sol, a été aménagé un parking d’une soixantaine de places avec accès direct par ascenseur aux salles de jeux. « Il y aura 2 Black Jack, 2 Stud Poker de casino, 2 tables de roulette anglaise et 3 tables de Holden Poker, le poker que joue Bruel », détaille Jack Ary Hamo. On trouvera aussi un « lounge bar » avec musique d’ambiance style piano-bar et pas discothèque, deux restaurants dont un avec une terrasse.
En ce qui concerne le projet de salle de spectacle d’une capacité de 1 500 à 2 000 places sur le parking actuel des bus de la TCRB, il est toujours d’actualité mais pas avant 2009-2010. On s’oriente vers un financement total de Partouche. La structure pourrait être mise à la disposition de la ville de Boulogne par le biais d’une « convention d’utilisation » comme le suggère Frédéric Cuvillier, maire.
Un an de la fin du contrat de la délégation de service public qui unit l’entreprise et la ville de Lyon, un nouvel appel d’offres vient d’être lancé.
Et l’enjeu est de taille. En 2007, le casino a généré un produit brut des jeux de plus de 40 millions d’euros. Au passage, la Ville en prélève 15 %.
Une jolie cagnotte, même si la crise économique associée à la loi anti-tabac et à des contrôles aux entrées plus stricts ont généré des recettes en baisse dans les casinos français l’année passée.
Si l’activité du casino marque le pas, les recettes générées par le Pharaon suscitent toutefois quelques convoitises. La Lyonnaise de Casinos, filiale d’un groupe familial belge, vient d’être retenue pour participer au renouvellement de la délégation. « Notre objectif est de donner une dimension européenne au casino de Lyon », expliquait Sébastien Leclercq, directeur du développement de l’entreprise dans un communiqué. Notre groupe a vocation à poursuivre son développement international et considère comme stratégique une implantation à Lyon, ville en mouvement. »
Dans sa valise, le groupe belge souhaite développer, outre les jeux, une large gamme de services à une clientèle élargie en multipliant « l’offre culturelle et ludique » : hausse du chiffre d’affaire, création d’emplois, meilleure intégration dans l’offre touristique, la société ne lésine pas…
Le groupe Partouche, propriétaire des lieux, aura l’obligation de consentir un bail au nouveau titulaire de la délégation s’il venait à la perdre.
Mais les chances de voir s’échapper le Pharaon sont minces.
Car le groupe Partouche, acquéreur et fondateur du casino lyonnais en 1999, c’est 54 établissements de jeux, dont 47 en France, et une surface financière vis-à-vis de laquelle il sera difficile de rivaliser.
En attendant, le prochain délégataire pourra gérer le casino et ses équipements pendant dix années.

Les adeptes des machines à sous ont été privés de jetons hier et le seront encore aujourd’hui. Accrochée aux portes du Casino, et des salles de jeux du Café de Paris et du Monte-Carlo Bay, la même affichette : « la salle est exceptionnellement fermée aujourd’hui ». Et pour cause. La totalité des employés du secteur « appareils automatiques », soit 114 personnes, s’est mise en grève hier matin. Empêchant l’ouverture habituelle à 10 heures de trois des quatre casinos de la Société des Bains de Mer (SBM). Le Sun Casino (dont les employés n’ont pas le même statut) est, quant à lui, resté ouvert.
Revendications ? Le déplafonnement de leur prime d’intéressement. « Notre revendication porte sur 100 € par mois pour chaque employé » explique un représentant du syndicat des jeux automatiques.
Voilà quelques jours déjà que la menace de grève flottait dans l’air. À Pâques, un premier préavis avait été déposé avant d’être finalement levé, après que la direction ait promis des négociations.
Avant-hier lundi, les représentants syndicaux ont bien été reçus par Jacques Maire, directeur des ressources humaines de la SBM. Mais ses propositions ont été refusées en bloc. D’où la décision de faire grève, décision reconduite hier soir pour encore 24 heures.
« On regrette d’en arriver là car c’est notre outil de travail » explique le syndicaliste qui souhaite rester anonyme. « Certes, on a des bons salaires – 3 500 € – mais on veut plus par rapport à notre rendement ». Un rendement florissant puisque les jeux automatiques affichent pour 2006/2007 un chiffre d’affaires de 118,9 M€, soit une progression de 23 % par rapport à l’année précédente. La direction de la SBM estime, quant à elle, que « les raisons qui ont amené ce mouvement relèvent d’une question acquise traitée l’année dernière. Il est impossible de revenir chaque année sur des accords, surtout quand ils sont significatifs. La prime en question a doublé en trois ans, pas les profits ».
Le syndicat des jeux automatiques se réunit ce matin à 10 heures pour décider de la suite à donner au mouvement. Contactés hier par Stéphane Valeri, les Monégasques du syndicat sont reçus ensuite, à 11 heures, par le président du conseil national. Par ailleurs, une commission paritaire, sollicitée par la SBM, aura lieu cet après-midi à 17 h 30 en présence de 12 syndicats des casinos. Un espoir pour sortir de la crise ?
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